Critique : Le Gamin au Vélo (les frères Dardenne)

Les frères Dardenne ne repartent jamais les mains vides du Festival de Cannes. Cette année, leur Gamin au Vélo reçoit le Grand Prix. La quête d’un garçon abandonné par son père qui séduit plus par la justesse de ses interprètes principaux, Thomas Doret et Cécile de France, que par ses arguments cinématographiques.

La quête du foyer

La panique et l’angoisse sont palpables sur le visage de Cyril. Il ne parvient plus à joindre son père au téléphone depuis son centre d’éducation. Le père aurait plié bagages sans prévenir, ni laisser de mots. L’abandon, incompréhensible, initie alors la fuite du petit garçon futé et agile. La mise en scène épurée et la simplicité du scénario des frères Dardenne permettent aux acteurs de donner corps au récit, de devenir les uniques vecteurs émotionnels du film. Un choix qui n’est pas sans risque, la moindre erreur de casting pouvant s’avérer fatale, mais Le Gamin au Vélo est porté par les bons acteurs, ou plutôt, le jeune acteur idéal ; tout repose sur les frêles épaules de Thomas Doret, jouant Cyril, le héros de ce drame socio-familial. Son urgence est saisissante, ses réactions, vivaces, parfois inattendues, frappent par leur naturel, leur intensité. On s’attache sans mal à ce gamin au vélo ; un vélo d’une importance primordiale, unique lien matériel (et affectif) avec son père, un homme incapable d’assumer ses responsabilités, et qui servira de rouage aux rencontres et rebondissements.

Si la bonté de Samantha (Cécile de France, grande dans sa spontanéité), la coiffeuse venant en aide à Cyril, prête à sourire par son caractère aussi absolu qu’immédiat, l’alchimie se produit dès leurs premiers échanges. En terme de psychologie, il reste difficile à comprendre pourquoi cette mère de substitution ne parvient pas à raisonner Cyril qui, dans sa fougue, va emprunter les sentiers de la délinquance, amadoué par une petite frappe à la gentillesse initiale douteuse. Mais malgré quelques faiblesses d’écriture, l’empathie ne faiblit jamais. La beauté de ce Gamin au Vélo, qui maintient sa vive allure jusqu’au bout, est aussi de réussir à évoquer un destin enclin au tragique sans jamais approcher les frontières du mélodrame. Un film léger et poignant.

Malgré ces qualités, la remise du Grand Prix au 64ème Festival de Cannes reste un choix surprenant, Aki Kaurismäki et Pedro Almodóvar étant repartis bredouilles avec des films plus saisissants. Ceci reste bien sûr une parenthèse.

3.5 étoiles

 

Le Gamin au Vélo

Film français, belge, italien
Réalisateurs : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne
Avec : Thomas Doret, Cécile de France, Jérémie Renier, Egon Di Mateo
Scénario de : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne
Durée : 87 min
Genre : Drame
Date de sortie en France : 18 mai 2011

Bande Annonce :

Article rédigé par Dom

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3 commentaires

  1. J’aime beaucoup ce genre de film, j’aimerais rencontrer les frères Dardennes, C’est un de mes grand rêve.

  2. Je pense que c’est un rêve qui peut devenir réalité Virginie, je ne l’ai jamais rencontrés dans le sens strict du terme mais pour les avoir croisé à Cannes, ils semblent tout à fait accessibles.

  3. Je sais qu’ils sont accessible. Enfin on me le répète assez souvent. 🙂

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