Cannes 2011 #01 : Minuit à Cannes

Accréditation en poche, ou plutôt, autour du cou ! J’ai appris que nous sommes 4000 à posséder ce badge cinéphile… ajoutez à cela les milliers de journalistes, exploitants, producteurs et toute la bande et vous vous imaginez qu’il va falloir se battre pour accéder à certaines séances à partir de demain. Mais restons au jour présent avec un petit résumé de mon pèlerinage sur la croisette.

La croisette s’anime et les trottoirs semblent bien plus étroits que la veille. On voit et on croise tout type d’individus, de tout âge. Face au plateau de Michel Denisot, des gagas de la Lady Gaga campent déjà aux alentours de midi pour voir leur idole qui doit chanter vers 20 heures. Plus loin, des journalistes et des badauds campent pour assister dans les meilleurs conditions à l’arrivée des stars sur le tapis rouge. Les stars, on peut les croiser dans la rue, grâce au hasard. C’est ainsi que j’ai échangé un regard avec Léa Seydoux devant le Martinez qui a failli me conduire à percuter Rachel McAdams… Je ne sais pas où cela m’aurait mené mais certainement pas à un dîner aux chandelles.

Le drame du jour s’appelle Sony Ericsson W810i, ce dinosaure qui affiche une erreur 403 sur twitter m’a empêché de répondre à une aimable invitation pour monter les marches à 19 heures et assister à la projection de Minuit à Paris. Désappointé, je me suis rendu près du palais envahi par des centaines de personnes. J’aperçois Robert De Niro, Olivier Assayas, Uma Thurman, mais la pointe de mes pieds n’est pas prête de concourir avec celle des ballerines. Je rebrousse chemin pour regarder alors la cérémonie d’ouverture sur Canal +, comme d’habitude, sauf que cette fois-ci, l’évènement est palpable dans l’air. Si vous n’y avez pas assisté, Mélanie Laurent s’est montré ennuyeuse en maitresse de cérémonie et un bel hommage à la carrière de Robert De Niro a été rendu. De belles interventions de Gilles Jacob et Bernardo Bertolucci ont conclu la cérémonie.

Pour la soirée, deux options s’offrent à moi : me saper classe et tenter d’accéder à la seconde projection de Minuit à Paris, ou bien goûter à la vie nocturne en me rendant au VIP Room, à deux pas de l’appartement où je réside. Alors que je n’ai pas pris de décision une demi-heure plus tard, mes mains vont machinalement chercher le costume dans l’armoire, je suis en route pour le Grand Palais…
A nouveau, deux options : mendier, une méthode qui est bel et bien répandue, ayant vu des dizaines de mendiants pour la cérémonie d’ouverture, tous sur leur 31 ; ou alors se ranger dans la file de dernière minute, cette file du hasard qui permet à une poignée de personnes de pénétrer dans l’antre du cinéma cannois si et seulement si des places sont encore disponibles avant le lancement du film. En optant pour cette seconde solution, j’ai fait la rencontre d’un très sympathique groupe d’étudiants en cinéma, à l’ESRA, et découvert un autre pass : le badge professionnel. Très similaire au badge cinéphile, le pro permet néanmoins de cumuler des points pour assister plus facilement aux séances du Grand Palais à partir du 18 mai. Après une heure et demie d’attente dehors, sans savoir si nous allions rentrer, regardant les personnes munies d’invitations rentrer par centaines, la grille nous est ouverte et nous escaladons en vitesse les marches du palais. C’est peu glorieux de fouler le tapis rouge ainsi mais nous y voilà, l’attente n’aura pas été vaine…


Petite chronique de ce Woody Allen parisien :
Minuit à Paris s’ouvre comme une collection de cartes postales de la capitale française : les monuments les plus célèbres, les rues les plus fameuses, semblent sortir d’une brochure d’agence de voyage. Avec un tel titre, on pouvait se douter que la ville occuperait une place centrale, mais pas sous cet angle là… Gil (Owen Wilson), est un écrivain qui doute de son travail qu’il n’a montré à personne, pas même à sa fiancée Inez (Rachel McAdams) avec laquelle il visite Paris. Gil aime Paris sous la pluie mais ce qu’il envie le plus est un Paris disparu, celui des années 20. Un soir, sur les coups de minuit, une voiture va le conduire dans le passé et l’amener à côtoyer des mythes tel qu’Ernest Hemingway et Scott Fitzgerald. Minuit à Paris est une belle petite comédie romantique qui explore le passé pour s’interroger sur le travail de l’artiste, vis à vis de ses contemporains et aussi de son état d’esprit à un instant donné de sa vie. Ce n’est pas pour rien que l’on voit Luis Bunuel qui va recevoir les conseils de Gil pour tourner Le Charme Discret de la Bourgeoisie : Woody Allen joue sur une imbrication temporelle qui révèle la mélancolie de chacun pour une époque qu’il n’a pas connu. On pourrait reprocher à Minuit à Paris d’idéaliser la capitale par le regard extérieur du cinéaste mais son flirt avec le fantastique, son humour anachronique et sa belle petite brochette d’acteurs en font une réussite.
3.5 étoiles
Minuit à Paris, en le salles le 11 mai. Un film de Woody Allen, avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Léa Seydoux, Marion Cotillard, Gad Elmaleh, Adrian Brody, Michael Sheen, Tom Hiddleston, Kathy Bates
Oh, et pour la pseudo polémique à propos de Carla Bruni : cette dernière apparaît au cours de trois courtes scènes en tant que guide. Difficile de juger un rôle aussi minime.

PS : les prochaines photos que vous verrez ici auront probablement été prises aujourd’hui ; pour éviter tout problème à l’entrée des salles, mon apn ne m’accompagnera que très rarement.

Episode suivant : Des Hauts et des Bas.

Article rédigé par Dom

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5 commentaires

  1. Tu l as fait!! Bien joué! C est encourageant non? Premier jour première projo!! Well done
    Ta chronique est très sympa BtW

  2. Je suis content pour toi!

  3. Vous êtes beau Dominique 😀

    Premier jour, montée des marches, pas mal!

    t’as plus qu’a obtenir une interview avec Robert.

  4. ‘tain ! trop la classe… tu nous avais caché ça ! tous les frais de logement sont à ta charge ? tu es logé au martinez ? 😉
    c’était sans doute si doux ce regard échangé avec léa… mais c’est quoi cette charia monstrueuse envers cette pauvre mélanie laurent ??!! je l’ai trouvé très belle et très amusante…
    tu vas tenter quels films alors ? (aujourd’hui il parait qu’il y a le valérie donzelli… les sections parallèle c’est pas plus facile d’y accéder ?)
    profite bien en tout cas !

  5. Merci Marine et merci pour ton aide.
    Une interview avec Bob me semble tout à fait impossible :p
    @Phil, non malheureusement je ne loge pas au Martinez mais je dois passer devant pour me rendre à ma location. Les sections parallèles ne sont pas forcément plus facile d’accès : les salles sont plus petites et pour certains noms, le monde afflue, comme pour Gus Van Sant. J’irais bien voir le Donzelli mais je crains ne pas pouvoir rentrer. Aujourd’hui, ma certitude c’est la séance de minuit : Wu Xia.

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