Critique : The Green Hornet (Michel Gondry)

The Green Hornet

Film amércain
Réalisateur : Michel Gondry
Avec : Seth Rogen, Jay Chou, Christoph Waltz, Cameron Diaz, Tom Wilkinson, David Harbour
Scénario de : Seth Rogen, Evan Goldberg, d’après l’émission radiophonique de George W. Trendle
Directeur de la photographie : John Scharwtzman
Monteur : Michael Tronick
Durée : 119 mn
Genre : Action, Comédie
Date de sortie en France : 12 janvier 2011

 

 

 

 

La trame :

A la mort de son père, directeur de la publication d’un influent journal de Los Angeles, Britt Reid se retrouve à la tête d’un empire qu’il est incapable de diriger. Avec Kato, le mécanicien préposé au café de son père, les deux jeunes hommes vont se faire passer pour des criminels pour mieux combattre la mafia.

 

Bande Annonce (VOST) :

 

Critique

A l’origine, The Green Hornet est une émission radiophonique diffusée dans les années 40, adaptée vingt ans plus tard, à la télévision, pour révéler Bruce Lee. L’adaptation cinématographique est prévue depuis plusieurs années et le projet est passé entre de nombreuses mains, dont celles de Kevin Smith et Stephen Chow, pour terminer entre les doigts du frenchy qui a bâti sa réputation sur son art consommé du clip : Michel Gondry.

Lettre ouverte à Michel Gondry

Monsieur Gondry,

Je vous prie de bien vouloir accepter toutes mes excuses pour avoir douté, de vous et de votre nouveau film, et ce, avant même de l’avoir vu. Découvrir vos longs-métrages, clips et publicités m’a toujours procuré du plaisir et chaque annonce d’un de vos nouveaux projets éveille en moi une irrépressible excitation mêlée d’impatience, comparable à l’attente de Noël pour un mioche qui a rédigé sa lettre dès septembre. Chacun de vos projets, oui, à l’exception de ce frelon vert.
Réputé pour être le roi de la débrouille, véritable chercheur en création à la verve stupéfiante, vous êtes, soudainement, placé aux commandes d’une production hollywoodienne avec, à vos côtés et face à votre objectif, Seth Rogen. Impossible pour moi d’y croire dès l’annonce du projet malgré la sympathie que j’éprouve envers vous et celui qui m’a fait tant rire dans En cloque mode d’emploi.
Les premières photos du tournage ? Des sornettes ! La bande-annonce ? La confirmation de toutes mes craintes. En achetant mon ticket pour voir The Green Hornet, je m’attendais à voir un énième film d’action aseptisé, ceux que Hollywood fabrique inlassablement par dizaine chaque année. Que nenni ! Je dois, à nouveau, m’incliner face à votre talent de metteur en scène ainsi que la formidable collaboration réalisée avec Seth Rogen, qui sacrifia 20 kg pour rentrer dans la peau du frelon vert, sans perdre le moindre gramme de son humour irrésistible.

L’humour, parlons-en, puisqu’il irrigue ce récit de justiciers masqués de bout en bout. Britt Reid (Seth Rogen) est un nanti, fainéant mais coureur de jupons, qui se retrouve à la tête de l’empire médiatique de son père et Kato (Jay Chou), un mécano génial qui a passé sa jeunesse dans les rues hostiles de Shanghai, lui conférant des aptitudes spéciales au combat. Ce duo, dont l’entente ne tient qu’à un fil, décide de se bâtir une réputation de criminels pour mieux remonter au boss de la pègre de Los Angeles, un certain Chudnofsky, interprété par la révélation d’Inglourious Basterds, Christoph Waltz. Comme dans tout bon film d’action qui se respecte, on retrouve bien entendu, une figure féminine convoitée, en l’occurrence, Cameron Diaz, en journaliste spécialisée en criminologie. Un scénario simple mais qui recèle de subtilités renforçant la drôlerie de votre métrage où les codes du genre sont tournés à la dérision.

The Green Hornet, c’est en quelque sorte une rencontre cordiale entre vous et Seth Rogen sur la terre sacrée des films d’action américains. Une union où personne n’impose sa personnalité pour mieux les marier. Un ménage à trois où le second degré, les situations loufoques, castagnes et courses poursuites se nourrissent mutuellement pour donner naissance à une parodie ultime de film de super-héros, déployant un arsenal de gadgets qui ferait pâlir l’espion au service de Sa Majesté. Reprendre son souffle, constamment coupé par le rire ou la stupéfaction, est une tâche difficile pour le spectateur.
Là où vous faites très fort, Michel, c’est dans les innombrables scènes d’action, toutes aussi jubilatoires les unes que les autres, où vous agrémentez de nouveaux ingrédients à des recettes testées dans des clips pour Björk, les Chemical Brothers, Cibo Matto ou encore les Rolling Stones, présents sur la bande originale. D’aucuns pensent que le bullet time est une invention des frères Wachowski, alors qu’ils ont simplement popularisé dans Matrix un effet dont vous êtes l’un des véritables précurseurs – avec Emmanuel Carlier. Il était donc tout naturel de vous retrouver, un jour, à appliquer cette technique dans des séquences de combat détonantes, réalisées avec brio.

Difficile d’éviter une projection du film en 3D, mais cela tient sans nul doute du choix de producteurs opportunistes. Reconverti en post production comme Le Choc des Titans et Alice au pays des merveilles, votre film présente, la plupart du temps, un découpage de la profondeur sans véritable sensation de relief. De rares plans et séquences au ralenti se voient embellis par le gadget remis à jour par Avatar mais, dans son ensemble, le film mériterait d’être dégusté dans une version classique.
Il semblerait que Jim Carrey, acteur ayant participé à votre plus beau film, Eternal Sunshine of the Spotless Mind , ait soufflé votre nom à Seth Rogen, qui ne savait pas vers quel réalisateur se tourner, scénario en main. Espérons que le bouche à oreille continue après ce nouveau coup d’éclat. Cependant, un chef d’accusation peut être retenu contre vous, Michel ; celui d’être responsable de ce qui sera sans nul doute l’un des divertissements les plus jouissifs de 2011 dès le mois de janvier !

Cordialement,
Le petit Dominique

4.5 étoiles

Article rédigé par Dom

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13 commentaires

  1. hey, joli article et jolie lettre ouverte… y’a pas à dire, le film est sympa et Gondry a su ne pas se faire broyer par la grosse machinerie… mais je trouve que ça reste encore rien de plus qu’un honnête et sympathique divertissement… (ce qui est déjà pas mal, hein, entendons nous bien ! 🙂

  2. Pour que ça soit un divertissement, il faudrait au moins que ça soit drôle, et non pathétique. Dom, je ne comprend pas comment tu peux mettre ce film sur un piédestal, même Scott Pilgrimm, possède de l’humour comique (celui la même), à coté de Green « Hor’not ».

    Bref, je recommande ce film uniquement pour voir de l’effet « Gondry » en pagaille et un chinois plutôt convaincant.

  3. L’humour est décidément très subjective quand aux scènes d’actions, elles sont très sympas mais n’accèdent pas à l’excellence de ceux de Scott Pilgrim.

  4. BONJOUR

    BONJOUR
    je viens de « digérer » G Hornet, impression à chaud : grosse nullité/ seule ma fille de 10 ans a aimé Jay choo et les cascades, sans faire attention HEUREUSEMENT ! aux dialogues ras du pantalon (du style fais pas ta ***, j’ai la trique ..etc etc…)toutes les 10 secondes dès que le personnage Britt Reid est à l’écran : cela fait beaucoup! version francaise désastreuse ? peut être… cela hésite entre la cruauté Darknigth (les meurtres, les yeux crevés à la fin) et la grosse comédie style Batman 1960… bonjour le film trompeur! pauvre Kato pauvre Bruce Lee ! un vrai Green Hornet reste à faire ! virez le scénariste et le réalisateur !

    SEUL « kato » sauve le film. et c’est peu..
    cordialement,
    ML

  5. @Phil, mon plaisir est grimpé crescendo pour ne jamais redescendre. Ce n’est pas du tout le même univers, mais je le trouve proche de Planet Terror, dans son approche scénaristique, son n’importe quoi assumé jusqu’au bout.

    @Mat, vraiment, à moins de tout prendre au premier degré, je ne vois pas ce qu’il y a de pathétique dans le film…

    @Marvelll, pour moi, y a pas photo, entre les séquences d’action de Scott Pilgrim et celle-ci, le choix est vite fait. Y a aucune recherche dans le film de Wright et les chorégraphies sont loin d’être impressionnantes. La séquence de baston entre Britt et Kato est monumental ; elle enterre la baston de Délire Express qui était pourtant, déjà fabuleuse !

    @LEVIR, Salut ! La VF ne doit pas arrangé les choses, mais c’est sûr qu’il s’agit là d’humour potache, dans la veine des autres films humoristiques où apparait Seth Rogen comme Delire Express ou SuperGrave. On aime ou on n’aime pas…
    Quant à la mythologie du Green Hornet originel, je ne la connais pas. J’ai pris le film comme un délire où personne ne se prend au sérieux et je pense qu’il a été pensé et réalisé dans cette optique.

  6. Ok le baston entre nos 2 héros est vraiment sympa a regarder, mais la cause de cette baston n’existe même pas, c’est du vent, « tu m’as volé mon Kinder maxi, je vais te casser la gueule »… oui oui je répète mes dires, PA THE TI QUE.

    Oui tout est dans le n’importe quoi, mais le film pensé et réalisé, à ce point la dans cette optique, j’ai vraiment un doute, et a partir du moment ou le doute est en place, c’est que l’effet voulu, n’est pas suffisamment bien retranscrit.

    Ça n’est pas chiant a voir, mais est ce un « bon » film, sincèrement, pour moi (évidement), je trouve ça vraiment faiblard pour être estampillé de la sorte, j’irais même jusqu’à dire que ça place Gondry dans la case : « J’espère que son prochain sera meilleur que ce qu’il nous a VENDU avec Green Hornet », et non plus dans « C’est du Gondry, ça va être brillant ».

    Parfois j’ai cette indulgence et je laisse le film murir un peu dans ma tête et parfois je me rend compte qu’en fait, c’était bien (ex : Inception), mais avec celui ci, plus ça va, plus j’ai le sentiment, qu’on me pointe du doigt en me disant, « haha tu t’es bien fait avoir ».

    Mat,
    Déçu.

  7. Très sympa cette critique en forme de lettre. Plutôt d’accord dans l’ensemble, même si j’irai pas jusqu’à 9/10. Et perso j’ai préféré Jay Chou à Seth Rogen, mais ça tient surement plus aux personnages, celui du Green Hornet m’exaspérant plus qu’autre chose. En tout cas, si le film est un sympathique divertissement, on ne peut pas lui retirer son originalité et le fait qu’il se distingue aux milieu du flop des films de super-héros. Pas aussi irrévérencieux que « Kick-Ass », mais un joli coup de pied dans le genre.

  8. Beaucoup d’humour, de l’action, un scénario qui tient la route. Les gens sont sévère avec ce film, j’ai quant à moi passé un très bon moment.

  9. @Mat, eh bien si, le lien amical entre Kato et Britt ne tient qu’à un fil ténu. La conquête de la secrétaire est tout simplement la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

    Je pense vraiment que tu devrais donner une nouvelle chance au film, plus tard. Y a aucun doute sur les intentions de Rogen et Gondry !

  10. @Mat : Justement, l’effet Gondry, comme tu dis, est particulièrement discret dans ce film. Je ne l’aurais pas su à l’avance, je n’aurais jamais deviné que c’est lui le réalisateur. Et inutile d’écrire « vendu » en capitales, il reconnaît volontiers lui-même qu’il a fait ce film pour le pognon. Mais ce n’est pas pour autant qu’il l’a bâclé ou qu’il a voulu arnaquer le spectateur. Il a simplement voulu faire un film fun et léger et il a pleinement atteint son objectif, ce qui est déjà bien.

    Michel, maintenant que t’as ton argent, fais-nous un digne héritier de « La science des rêves »…

  11. Un héritier à sa science des rêves ou l’eternal sunshine ? :p
    Je pense qu’il faut évoluer et si on regarde sa carrière, en tant que réalisateur de long-métrage, il évite toute redondance jusqu’à présent.

  12. Un digne héritier ne veut pas dire une décalque mais, justement, un film aussi original, aussi décalé et aussi poétique. Aussi Gondryesque, en somme.

  13. Oui, c’est vrai 😉 Je ne sais pas trop ce qu’il prépare, j’avais entendu parler d’un projet avec des enfants et une eau magique… enfin, je ne sais plus vraiment si ce n’était pas sur l’agenda de Spike Jonze plutôt mais je ne trouve plus d’infos là-dessus !

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